dimanche 21 juin 2009

Ce siècle avait deux ans ! [les feuilles d'automne] (Victor Hugo)

"Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, déjà Napoléon perçait sous Bonaparte" ...
"Besançon, vieille ville espagnole" ...
"Mon père, vieux soldat, ma mère, vendéenne !" ...


En ce premier jour de l'été, la
carte du comptoir des vers publie le chef d'oeuvre généalogique de Victor Hugo, poète napoléonien qui finit héraut de la République.

La carte du comptoir des poésies, sans aucun commentaire, analyse ou explication de texte, propose aussi de nombreux "classiques" présentés en bas de ce poème.


Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,

Déjà
Napoléon perçait sous Bonaparte,

Et du premier consul, déjà, par maint endroit,

Le front de l’empereur brisait le masque étroit.

Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,

Jeté comme la graine au gré de l’air qui vole,

Naquit d’un sang breton et lorrain à la fois

Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;

Si débile qu’il fut, ainsi qu’une chimère,

Abandonné de tous, excepté de sa mère,

Et que son cou ployé comme un frêle roseau

Fit faire en même temps sa bière et son berceau.

Cet enfant que la vie effaçait de son livre,

Et qui n’avait pas même un lendemain à vivre,

C’est moi.

C’est moi. Je vous dirai peut-être quelque jour

Quel lait pur, que de soins, que de vœux, que d’amour,

Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,

M’ont fait deux fois l’enfant de ma mère obstinée,

Ange qui sur trois fils attachés à ses pas

Épandait son amour et ne mesurait pas !

Ô l’amour d’une mère ! Amour que nul n’oublie !

Pain merveilleux qu’un Dieu partage et multiplie !

Table toujours servie au paternel foyer !

Chacun en a sa part, et tous l’ont tout entier !

Je pourrai dire un jour, lorsque la nuit douteuse

Fera parler les soirs ma vieillesse conteuse,

Comment ce haut destin de gloire et de terreur

Qui remuait le monde aux pas de l’empereur,

Dans son souffle orageux m’emportant sans défense,

À tous les vents de l’air fit flotter mon enfance.

Car, lorsque l’aquilon bat ses flots palpitants,

L’océan convulsif tourmente en même temps

Le navire à trois ponts qui tonne avec l’orage,

Et la feuille échappée aux arbres du rivage !

Maintenant jeune encore et souvent éprouvé,

J’ai plus d’un souvenir profondément gravé,

Et l’on peut distinguer bien des choses passées

Dans ces plis de mon front que creusent mes pensées.

Certes, plus d’un vieillard sans flamme et sans cheveux,

Tombé de lassitude au bout de tous ses vœux,

Pâlirait s’il voyait, comme un gouffre dans l’onde,

Mon âme où ma pensée habite comme un monde,

Tout ce que j’ai souffert, tout ce que j’ai tenté,

Tout ce qui m’a menti comme un fruit avorté,

Mon plus beau temps passé sans espoir qu’il renaisse,

Les amours, les travaux, les deuils de ma jeunesse,

Et quoiqu’encore à l’âge où l’avenir sourit,

Le livre de mon cœur à toute page écrit !

Si parfois de mon sein s’envolent mes pensées,

Mes chansons par le monde en lambeaux dispersées ;

S’il me plaît de cacher l’amour et la douleur

Dans le coin d’un roman ironique et railleur,

Si j’ébranle la scène avec ma fantaisie ;

Si j’entre-choque aux yeux d’une foule choisie

D’autres hommes comme eux, vivant tous à la fois

De mon souffle et parlant au peuple avec ma voix ;

Si ma tête, fournaise où mon esprit s’allume,

Jette le vers d’airain qui bouillonne et qui fume

Dans le rythme profond, moule mystérieux

D’où sort la strophe ouvrant ses ailes dans les cieux ;

C’est que l’amour, la tombe, et la gloire, et la vie,

L’onde qui fuit, par l’onde incessamment suivie,

Tout souffle, tout rayon, ou propice ou fatal,

Fait reluire et vibrer mon âme de cristal,

Mon âme aux mille voix, que le Dieu que j’adore

Mit au centre de tout comme un écho sonore !

D’ailleurs j’ai purement passé les jours mauvais,

Et je sais d’où je viens, si j’ignore où je vais.

L’orage des partis avec son vent de flamme

Sans en altérer l’onde a remué mon âme ;

Rien d’immonde en mon cœur, pas de limon impur

Qui n’attendît qu’un vent pour en troubler l’azur !

Après avoir chanté, j’écoute et je contemple,

À l’empereur tombé dressant dans l’ombre un temple,

Aimant la liberté pour ses fruits, pour ses fleurs,

Le trône pour son droit, le roi pour ses malheurs ;

Fidèle enfin au sang qu’ont versé dans ma veine

Mon père, vieux soldat, ma mère, vendéenne !

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

-
Victor Hugo : les Djinns, ce siècle avait deux ans, l'an neuf de l'Hegire, demain dès l'aube, à une jeune fille

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, chanson de la plus haute tour, Vénus Anadyomène, Bruxelles, Michel et Christine, petites amoureuses, à la musique, ma Bohème, aube, soleil et chair, chant de guerre parisien, première soirée, Marine, les assis, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, au cabaret vert (cinq heures du soir), jeune ménage,tête de faune, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", le soleil, une martyre, à une dame créole, toute entière, confession, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), correspondances, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, le chat

-
Jean de la Fontaine : le savetier et le financier, le loup et l'agneau, le cheval s'étant voulu venger du cerf


- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, la Victoire, acousmate, chant de l'horizon en Champagne, nocturne, ô naturel désir, dans l'abri-caverne, Annie, Marizibill, à l'Italie, le vigneron champenois, l'émigrant de Landor Road, le chef de section, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, j'arrive où je suis étranger, Elsa au miroir, Elsa, Santa Espina,les mains d'Elsa, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, chambre garnie, chambres d'un moment, la rose et le réséda, les yeux d'Elsa

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le voeu, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, vous parler ?, premières feuilles, la vieille femme de la Lune, chemins de l'ouest, la grotte des lépreux, la paix

- Et, aussi, l'indépassable poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

Ma maison (François Fabié)

"C'est là ma maison paternelle, c'est là le nid qui m'a bercé" ...
La carte du comptoir des vers est heureuse de publier une oeuvre immobilière et farinée de François Fabié, poète méconnu et néanmoins aveyronnais.
La carte du comptoir des poésies, sans aucun commentaire, analyse ou explication de texte, propose aussi de nombreux "classiques" présentés en bas de ce poème.


Face au midi, bien adossée

A l'ancien étang féodal

Dont elle épaule la chaussée,

Elle fut le moulin banal

Où deux ou trois pauvres villages

Et quelques petits mas perdus,

Avec leurs maigres attelages

Plusieurs siècles sont descendus

Moudre, au tic tac vieillot et grêle

D'un mécanisme trébuchant,

Tout ce que la dîme ou la grêle

Laissaient de seigle sur leur champ ...

Mais lorsque le soc populaire

Démantela le vieux château,

Et que, sous un flot de colère,

Son granit roula du coteau,

Mon aïeul, - un Jacques Bonhomme

Très longtemps meunier chez autrui,

Ayant été très économe,

Put devenir meunier chez lui.

Il acheta l'humble ruine,

Prit la truelle du maçon,

Et fit un moulin à farine

De l'antique moulin de son,

Exhaussa le tout d'un étage

Large, aéré, plein de soleil,

D'où l'on entend le caquetage

De la trémie à son réveil ;

Puis crânement, sur la toiture,

Comme un noble arbore un blason,

D'une meule en miniature

Il girouetta sa maison.

Il planta - car celui qui plante

A foi vraiment en l'avenir

Des arbres à croissance lente

Qui font durer le souvenir,

Et qui, maintenant séculaires,

Sur le vieux toit coubés du vent,

Parlent à voix hautes et claires

De l'ancêtre en eux survivant ...

Il prit femme ; et ma bonne aïeule

Se mit à l'oeuvre sans façons,

Berçant au refrain de sa meule

Trois filles et quatre garçons

Qui remplirent de cris, de joies,

De luttes et de jeux sans fin

La maison, le pâtis aux oies

Et tous les halliers du ravin,

Puis si vaillamment essaimèrent

Et si gaîment, quoique pieds nus,

Que des vieillards qui les aimèrent

Sont fiers de les avoir connus ...

C'est là ma maison paternelle,

C'est là le nid qui m'a bercé :

Que ne puis-je y ployer mon aile

Et n'y vivre que du passé ?

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

-
Victor Hugo : ce siècle avait deux ans, l'an neuf de l'Hegire, demain dès l'aube, à une jeune fille

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, ma Bohème, Vénus Anadyomène, Bruxelles, petites amoureuses, à la musique, aube, soleil et chair, chant de guerre parisien, première soirée, Michel et Christine, Marine, les assis, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, chanson de la plus haute tour, au cabaret vert (cinq heures du soir), jeune ménage,tête de faune, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Jean de la Fontaine : le savetier et le financier, le loup et l'agneau, le cheval s'étant voulu venger du cerf


- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, acousmate, chant de l'horizon en Champagne, nocturne, ô naturel désir, dans l'abri-caverne, Annie, Marizibill, à l'Italie, le vigneron champenois, l'émigrant de Landor Road, la Victoire, le chef de section, à la Santé

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", le soleil, une martyre, à une dame créole, toute entière, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), correspondances, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, confession, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, le chat

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Elsa au miroir, Elsa, Santa Espina,les mains d'Elsa, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, chambre garnie, chambres d'un moment, j'arrive où je suis étranger, la rose et le réséda, les yeux d'Elsa

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, premières feuilles, la vieille femme de la Lune, vous parler ?, chemins de l'ouest, la grotte des lépreux, la paix

-
Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le voeu, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

- Et, aussi, l'indépassable poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

samedi 20 juin 2009

Les sapins (Anatole France)

"Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs" ...
Après une longue pause, la carte du comptoir des vers reprend avec un Anatole France fleurant bon la résine et beau comme l'antique !
La carte du comptoir des poésies, sans aucun commentaire, analyse ou explication de texte, propose aussi de nombreux "classiques" présentés en bas de ce poème.


On entend l'Océan heurter les promontoires,

De lunaires clartés blêmissent le ravin

l'homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ;

Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires,

Sur les choses sans forme épand l'effroi divin.

Paisibles habitants aux lentes destinées,

Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs,

De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ;

Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées,

Tristes, semblent porter d'iniques pesanteurs.

Ils n'ont point de ramure aux nids hospitalière,

Ils ne sont pas fleuris d'oiseaux et de soleil,

Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ;

Et, peuple enveloppé dans la nuit familière,

Sur la terre autour d'eux pèse un muet sommeil.

La vie, unique bien et part de toute chose,

Divine volupté des êtres, don des fleurs,

Seule source de joie et trésor de douleurs,

Sous leur rigide écorce est cependant enclose

Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.

Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre,

Sous l'assaut coutumier des orageux hivers,

Leurs veines sourdement animent leurs bras verts,

Et suscitent en eux cette gloire de vivre

Dont le charme puissant exalte l'univers.

Pour la fraîcheur du sol d'où leur pied blanc s'élève,

Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds

Font à peine bouger leurs bras épais et lourds,

Et pour l'air, leur pâture, avec la vive sève,

Coulent dans tout leur sein d'insensibles amours.

En souvenir de l'âge où leurs aïeux antiques,

D'un givre séculaire étreints rigidement,

Respiraient les frimas, seuls, sur l'escarpement

Des glaciers où roulaient des îlots granitiques,

L'hiver les réjouit dans l'engourdissement.

Mais quand l'air tiédira leurs ténèbres profondes,

Ils ne sentiront pas leur être ranimé

Multiplier sa vie au doux soleil de mai,

En de divines fleurs d'elles-mêmes fécondes,

Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.

Leurs flancs s'épuiseront à former pour les brises

Ces nuages perdus et de nouveaux encor,

En qui s'envoleront leurs esprits, blond trésor,

Afin qu'en la forêt quelques grappes éprises

Tressaillent sous un grain de la poussière d'or.

Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle

Les conçut au frisson d'un vent mystérieux ;

C'est ainsi qu'à leur tour, pères laborieux,

Ils livrent largement à la brise infidèle

La vie, immortel don des antiques aïeux.

Car l'ancêtre premier dont ils ont reçu l'être

Prit sur la terre avare, en des âges lointains,

Une rude nature et de mornes destins ;

Et les sapins, encor semblables à l'ancêtre,

Éternisent en eux les vieux mondes éteints.

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

- Jean de la Fontaine : le savetier et le financier, le loup et l'agneau
, le cheval s'étant voulu venger du cerf


- Victor Hugo : l'an neuf de l'Hegire, ce siècle avait deux ans, demain dès l'aube, à une jeune fille

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, chanson de la plus haute tour, Vénus Anadyomène, Bruxelles, petites amoureuses, ma Bohème, à la musique, aube, soleil et chair, chant de guerre parisien, première soirée, Michel et Christine, Marine, les assis, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, au cabaret vert (cinq heures du soir), jeune ménage,tête de faune, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, chant de l'horizon en Champagne, nocturne, ô naturel désir, acousmate, dans l'abri-caverne, Annie, Marizibill, à l'Italie, le vigneron champenois, l'émigrant de Landor Road, la Victoire, le chef de section, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Elsa, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, Santa Espina, chambre garnie, chambres d'un moment, j'arrive où je suis étranger, la rose et le réséda, les yeux d'Elsa

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", le soleil, une martyre, à une dame créole, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), correspondances, toute entière, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, confession, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, le chat

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, premières feuilles, la vieille femme de la Lune, vous parler ?, chemins de l'ouest, la grotte des lépreux, la paix

-
Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, l'hymne au soleil, rois mages, nénuphars

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le voeu, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

- Et, aussi, l'indépassable poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline