vendredi 2 novembre 2007

Crépuscule d'automne (Stuart Merrill)

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs

J'entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :

Car voici venir l'heure dans des lueurs brèves

Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,

L'automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d'une nef qui vient de s'assombrir

L'on ouït des frissons de frêles banderolles,

Et le long des buissons qui perdent leurs corolles

La maladive odeur des fleurs qui vont mourir

S'évapore en remous de subtiles paroles.

Sous la lune allumée au nocturne horizon

L'âme de l'angelus en la brume chantonne :

L'écho tinte au lointain comme un glas monotone

Et l'air rêve aux frimas de la froide saison

A l'heure où meurt l'amour, à l'heure où meurt l'automne !