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lundi 17 novembre 2008

Complainte amoureuse (Alphonse Allais)

Poème d'humour subjonctif !

La carte du comptoir des vers poursuit dans l'Alphonse Allais avec cet opus grammaticalement déjanté mettant en valeur le subjonctif, conjugaison injustement délaissée.

Pour cause de livraison impromptue d'humour, la
carte du comptoir des vers cesse momentanément le
Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Nuit Rhénane, l'Adieu, l'Emigrant de Landor Road, Ô naturel désir, Nocturne, A l'Italie, Acousmate, Marizibill, La Victoire, Le Chef de Section, Chant de l'Horizon en Champagne, Le Vigneron Champenois, Dans l'Abri-caverne, Annie, A la Santé ...) et l'Arthur Rimbaud (Voyelles, Sensations, Ma Bohème, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, le Bateau Ivre, Vénus Anadyomène, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne).


Oui dès l'instant que je vous vis

Beauté féroce, vous me plûtes

De l'amour qu'en vos yeux je pris

Sur-le-champ vous vous aperçûtes

Ah ! Fallait-il que vous me plussiez

Qu'ingénument je vous le dise

Qu'avec orgueil vous vous tussiez

Fallait-il que je vous aimasse

Que vous me désespérassiez

Et qu'enfin je m'opiniâtrasse

Et que je vous idolâtrasse

Pour que vous m'assassinassiez.

Nous nous étalons (Alphonse Allais)

Poème d'humour !

La carte du comptoir des vers laisse provisoirement tomber Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Nuit Rhénane, l'Adieu, l'Emigrant de Landor Road, Ô naturel désir, Nocturne, A l'Italie, Acousmate, Marizibill, La Victoire, Le Chef de Section, Chant de l'Horizon en Champagne, Le Vigneron Champenois, Dans l'Abri-caverne, Annie, A la Santé ...) et Arthur Rimbaud (Voyelles, Sensations, Ma Bohème, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, le Bateau Ivre, Vénus Anadyomène, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne) pour une oeuvre légèrement répétitive de l'humoriste et pourtante poète (pouet ?) Alphonse Allais.


Nous nous étalons

Sur des étalons.

Et nous percherons

Sur des percherons !

C'est nous qui bâtons,

A coup de bâtons,

L'âne des Gottons

Que nous dégottons ! ...

Mais nous l'estimons

Mieux dans les timons.

Nous nous marions

A vous Marions

Riches en jambons.

Nous vous enjambons

Et nous vous chaussons,

Catins, tels chaussons !

Oh ! plutôt nichons

Chez nous des nichons !

Vite polissons

Les doux polissons !

Pompons les pompons

Et les repompons ! (...)

Du vieux Pô tirons

Quelques potirons !

Aux doux veaux rognons

Leurs tendres rognons,

Qu'alors nous oignons

Du jus des oignons ! (...)

Ah ! thésaurisons !

Vers tes horizons

Alaska, filons !

A nous tes filons !

Pour manger, visons

Au front des visons,

Pour boire, lichons

L'âpre eau des lichons.

Ce que nous savons

C'est grâce aux savons

Que nous décochons

Au gras des cochons.

Oh ! mon chat, virons,

Car nous chavirons !

mercredi 31 octobre 2007

Quelquefois (Paul-Jean Toulet)

Quelquefois, après des ébats polis,

J'agitai si bien, sur la couche en déroute,

Le crincrin de la blague et le sinistre du doute

Que les bras t'en tombaient du lit.

Après ça, tu marchais, tu marchais quand même ;

Et ces airs, hélas, de doux chien battu,

C'est à vous dégoûter d'être tendre, vois-tu,

De taper sur les gens qu'on aime.

dimanche 16 septembre 2007

Le désir (Anatole France)

Je sais la vanité de tout désir profane.

A peine gardons-nous de tes amours défunts,

Femme, ce que la fleur qui sur ton sein se fane

Y laisse d'âme et de parfums.

Ils n'ont, les plus beaux bras, que des chaînes d'argile,

Indolentes autour du col le plus aimé ;

Avant d'être rompu leur doux cercle fragile

Ne s'était pas même fermé.

Mélancolique nuit des chevelures sombres,

A quoi bon s'attarder dans ton enivrement,

Si, comme dans la mort, nul ne peut sous tes ombres

Se plonger éternellement ?

Narines qui gonflez vos ailes de colombe,

Avec les longs dédains d'une belle fierté,

Pour la dernière fois, à l'odeur de la tombe,

Vous aurez déjà palpité.

Lèvres, vivantes fleurs, nobles roses sanglantes,

Vous épanouissant lorsque nous vous baisons,

Quelques feux de cristal en quelques nuits brûlantes

Sèchent vos brèves floraisons.

Où tend le vain effort de deux bouches unies ?

Le plus long des baisers trompe notre dessein ;

Et comment appuyer nos langueurs infinies

Sur la fragilité d'un sein ?

samedi 15 septembre 2007

Le chatiment de la cuisson (Alphonse Allais)

Poème d'humour !

Le châtiment de la cuisson appliqué aux imposteurs :

Chaque fois que les gens découvrent son mensonge,

le châtiment lui vient, par la colère accru.

" Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe.

Le menteur n'est jamais cru.