mardi 11 novembre 2008

Le Dormeur du Val (Arthur Rimbaud)

Aujourd'hui, sur la carte du comptoir des vers, un poème antimilitariste et très célèbre d'Arthur Rimbaud. Il fut superbement interprété par Serge Reggiani qui l'associait au Déserteur de Boris Vian.

A défaut, pour les passionnés d'art militaire, la carte du comptoir des poésies, sans aucun autre commentaire, propose aussi sa sélection :

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, voyelles, sensations, Vénus Anadyomène, petites amoureuses, chanson de la plus haute tour, ma Bohème, l'orgie parisienne

-
Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, petit chat, l'hymne au soleil, sept moyens de monter dans la Lune, rois mages, nénuphars

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, nuit rhénane, acousmate, Annie, l'adieu, la Victoire, Marizibill, l'émigrant de Landor Road, dans l'abri-caverne, ô naturel désir, à l'Italie, le chef de section, nocturne, le vigneron champenois, chant de l'horizon en Champagne, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Elsa, chambres d'un moment, chambre garnie, les mains d'Elsa, Santa Espina, l'affiche rouge, un jour un jour, la belle italienne, la rose et le réséda, Elsa au miroir, Charlot mystique, nous dormirons ensemble, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

-
Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), toute entière, une martyre, le chat, confession, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, les ténèbres, le soleil, à celle qui est trop gaie, correspondances, une mendiante rousse, à une dame créole

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire

- José Maria de Heredia : les conquérants, le voeu, le tepidarium, le vitrail, soir de bataille, la belle viole, fleurs de feu, l'esclave, Tranquillus


C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit. C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort, il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

1 commentaire:

  1. Cette poésie m'émeut beaucoup; c'est une des rares que je me souviens d'avoir apprise au CE2 je crois
    et il nous avait fallu quelques minutes pour comprendre ce que pouvaient bien etre ces 2 points rouges...

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