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mercredi 11 avril 2018

Les trois dames d'Albi (Paul-Jean Toulet)

Dans cette livraison, un haïku sponsorisé par un office de tourisme 

Filippa, Faïs, Esclarmonde,
Les plus rares, que l'on put voir,
Beautés du monde ;

Mais toi si pâle encor d'avoir
Couru la lune l'autre soir
Aux quatre rues,

Écoute : au bruit noir des chansons
Satan flagelle tes soeurs nues ;
Viens, et dansons.

samedi 4 avril 2009

Nane, as-tu gardé souvenir ? (Paul-Jean Toulet)

La carte du comptoir livre un poème express de Paul-Jean Toulet, quasi inconnu qui n'a pas franchement percé au hit parade.

La carte du comptoir des poésies, sans plus de commentaires ni d'explications, suggère ses "classiques" en bas de cet opus.


Nane, as-tu gardé souvenir

Du Panthéon-Place Courcelle

Qui roulait à cris de crécelle,

Sans au but jamais parvenir ;

Du jour où te sculptait la brise

Sous ta jupe noire et cerise ;

De l'impériale au banc haut,

Où se scandait comme un ïambe

La glissade avec le cahot,

Et du vieux qui lorgnait tes jambes ?

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Les "classiques" de la
carte du comptoir des vers :


- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, les ténèbres, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), une martyre, correspondances, à celle qui est trop gaie, à une dame créole, le soleil, toute entière, j'aime le souvenir de ces époques nues, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", une mendiante rousse, confession, le chat

-
Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, au fleuve de Loire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, le voeu, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

-
Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, vous parler ?, chemins de l'ouest, la vieille femme de la Lune, premières feuilles, la solitude, la grotte des lépreux

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, Annie, Marizibill, à l'Italie, le chef de section, acousmate, dans l'abri-caverne, la Victoire, chant de l'horizon en Champagne,nocturne, le vigneron champenois, ô naturel désir, l'émigrant de Landor Road, à la Santé

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, les assis, Vénus Anadyomène, chant de guerre parisien, première soirée, Marine, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, chanson de la plus haute tour, petites amoureuses, aube, soleil et chair, au cabaret vert (cinq heures du soir), ma Bohème, Michel et Christine, jeune ménage,tête de faune, à la musique, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

-
Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, un jour un jour, nous dormirons ensemble, Santa Espina,la rose et le réséda, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, chambre garnie, chambres d'un moment,
Elsa, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

- Et, bien entendu, le kitschissime poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

mercredi 31 octobre 2007

Quelquefois (Paul-Jean Toulet)

Quelquefois, après des ébats polis,

J'agitai si bien, sur la couche en déroute,

Le crincrin de la blague et le sinistre du doute

Que les bras t'en tombaient du lit.

Après ça, tu marchais, tu marchais quand même ;

Et ces airs, hélas, de doux chien battu,

C'est à vous dégoûter d'être tendre, vois-tu,

De taper sur les gens qu'on aime.

jeudi 9 août 2007

L'alchimiste (Paul Jean Toulet)

Satan, notre meg, a dit

Aux rupins embrassés des rombières :

Icicaille est le vrai paradis

Dont les sources nous désaltèrent.

La vallace couleur du ciel

Y lèche le long des allées

Le pavot chimérique et le bel

Iris, et les fleurs azalées.

La douleur, et sa soeur l'Amour,

La luxure aux chemises noires

Y préparent pour vous, loin du jour,

Leurs poisons les plus doux à boire.

Et tandis qu'aux portes de fer

Se heurte la jeune espérance,

Une harpe dessine dans l'air

Le contour secret du silence.

Ainsi (à voix basse) parla

Le sorcier subtil du Grand Oeuvre,

Et Lili souriait, dont les bras

Sont plus frais que la peau des couleuvres.

samedi 28 juillet 2007

Soir de Montmartre (Paul Jean Toulet)

Décor d'encre. Sur le ciel terne

Court un fil de fer :

Mansarde où l'on aima, vanterne

Sans carreaux, où l'on a souffert.

Une enfant fait le pied de grue

Le long du trottoir.

Le bistro, du bout de la rue,

Ouvre un oeil de sang dans le noir ;

Tandis qu'on pense à sa province,

A Faustine, à Zo'...

Mais c'est pour Lili que j'en pince :

Autres chansons, autres oiseaux.