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lundi 6 août 2012

A Monsieur le comte Algarotti (Voltaire)

Poème traitant en vrac, d'astronomie, de philosophie, de Maupertuis, de Padoue, de Mantoue ...


Lorsque ce grand courrier de la philosophie,
Condamine l'observateur,
De l'Afrique au Pérou conduit par Uranie,
Par la gloire, et par la manie,
S'en va griller sous l'équateur,
Maupertuis et Clairaut, dans leur docte fureur,
Vont geler au pôle du monde.
Je les vois d'un degré mesurer la longueur,
Pour ôter au peuple rimeur
Ce beau nom de machine ronde,
Que nos flasques auteurs, en chevillant leurs vers,
Donnaient à l'aventure à ce plat univers.

Les astres étonnés, dans leur oblique course,
Le grand, le petit Chien, et le Cheval, et l'Ourse,
Se disent l'un à l'autre, en langage des cieux :
"Certes, ces gens sont fous, ou ces gens sont les dieux".

Et vous, Algarotti, vous, cygne de Padoue,
Élève harmonieux du cygne de Mantoue,
Vous allez donc aussi, sous le ciel des frimas,
Porter, en grelottant, la lyre et le compas,
Et, sur des monts glacés traçant des parallèles,
Faire entendre aux Lapons vos chansons immortelles ?

Allez donc, et du pôle observé, mesuré,
Revenez aux Français apporter des nouvelles.
Cependant je vous attendrai,
Tranquille admirateur de votre astronomie,
Sous mon méridien, dans les champs de Cirey,
N'observant désormais que l'astre d'Émilie.
Échauffé par le feu de son puissant génie,
Et par sa lumière éclairé,
Sur ma lyre je chanterai
Son âme universelle autant qu'elle est unique ;
Et j'atteste les cieux, mesurés par vos mains,
Que j'abandonnerais pour ses charmes divins
L'équateur et le pôle arctique.

mardi 16 décembre 2008

Les souhaits (Voltaire)

La carte du comptoir des vers s'enfonce dans la saison des voeux avec ce poème hermétique pour initiés de Voltaire où il est question de finance et de promoteur.

Ces voeux voltairiens forcent la carte du comptoir poétique, sans même un commentaire, à reléguer au fond de la cour le Heredia (les Conquérants), le Du Bellay (Heureux qui comme Ulysse), l'Aragon (Elsa, L'étrangère, Chambres d'un moment, Chambre garnie, Charlot mystique, Un jour un jour, La rose et le réséda, Les lilas et les roses, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Santa Espina, Que serais-je sans toi ?, La belle italienne, Nous dormirons ensemble, Les mains d'Elsa, Elsa au miroir, J'arrive où je suis étranger, L'affiche rouge, Les yeux d'Elsa), l'
Arthur Rimbaud (Voyelles, le Bateau Ivre, Sensations, Ma Bohème, Vénus Anadyomène, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne), l'Edmond Rostand (La tirade des nez de Cyrano de Bergerac, Le Petit Chat) et le Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Nuit Rhénane, l'Adieu, l'Emigrant de Landor Road, Marizibill, La Victoire, Le Chef de Section, Ô naturel désir, Nocturne, A l'Italie, Acousmate, Chant de l'Horizon en Champagne, Le Vigneron Champenois, Dans l'Abri-caverne, Annie, A la Santé ...).


Il n'est mortel qui ne forme des voeux :

L'un de Voisin convoite la puissance ;

L'autre voudrait engloutir la finance

Qu'accumula le beau-père d'Évreux.

Vers les quinze ans, un mignon de couchette

Demande à Dieu ce visage imposteur,

Minois friand, cuisse ronde et douillette

Du beau de Gesvre, ami du promoteur.

Roy versifie, et veut suivre Pindare ;

Du Bousset chante, et veut passer Lambert.

En de tels voeux mon esprit ne s'égare :

Je ne demande au grand dieu Jupiter

Que l'estomac du marquis de La Fare,

Et les c...ons de monsieur d'Aremberg.