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jeudi 13 décembre 2012

La beauté (Jules Barbey d'Aurevilly)

Si la laideur peut être assassine, la beauté peut être homicide ...


Eh quoi ! vous vous plaignez, vous aussi, de la vie !
Vous avez des douleurs, des ennuis, des dégoûts !
Un dard sans force aux yeux, sur la lèvre une lie,
Et du mépris au coeur ! - Hélas ! c'est comme nous !
Lie aux lèvres ? - poison, reste brûlant du verre ;
Dard aux yeux ? - rapporté mi-brisé des combats ;
Et dans le coeur mépris ? - Éternel Sagittaire
Dont le carquois ne tarit pas !

Vous avez tout cela, - comme nous, ô Madame !
En vain Dieu répandit ses sourires sur vous !
La Beauté n'est donc pas tout non plus pour la femme
Comme en la maudissant nous disions à genoux,
Et comme tant de fois, dans vos soirs de conquête,
Vous l'ont dit vos amants, en des transports perdus,
Et que, pâle d'ennui, vous détourniez la tête,
Ô Dieu ! n'y pensant déjà plus...

Ah ! non, tu n'es pas tout, Beauté, - même pour Celle
Qui se mirait avec le plus d'orgueil en toi,
Et qui, ne cachant pas sa fierté d'être belle,
Plongeait les plus grands coeurs dans l'amour et l'effroi !
Ah ! non, tu n'es pas tout... C'est affreux ; mais pardonne !
Si l'homme eût pu choisir, il n'eût rien pris après ;
Car il a cru longtemps, au bonheur que tu donne,
Beauté ! que tu lui suffirais !

Mais l'homme s'est trompé, je t'en atteste, Armance !
Qui t'enivrais de toi comme eût fait un amant,
Puisant à pleines mains dans ta propre existence,
Comme un homme qui boit l'eau d'un fleuve en plongeant.
Pour me convaincre, hélas ! montre-toi tout entière ;
Dis-moi ce que tu sais... l'amère vérité.
Ce n'est pas un manteau qui cache ta misère,
C'est la splendeur de la Beauté !

Dis-moi ce que tu sais... De ta pâleur livide,
Que des tempes jamais tes mains n'arracheront
Et qui semble couler d'une coupe homicide
Que le Destin railleur renversa sur ton front ;
De ton sourcil froncé, de l'effort de ton rire,
De ta voix qui nous ment, de ton oeil qui se tait,
De tout ce qui nous trompe, hélas ! et qu'on admire,
Ah ! fais-moi jaillir ton secret.

Dis tout ce que tu sais... Rêves, douleur et honte,
Désirs inassouvis par des baisers cuisants,
Nuits, combats, voluptés, souillures qu'on affronte
Dans l'infâme fureur des échevèlements !
Couche qui n'est pas vide et qu'on fuit, - fatale heure
De la coupable nuit dont même on ne veut plus,
Et qu'on s'en va finir - au balcon - où l'on pleure,
Et qui transit les coudes nus !

Ah ! plutôt, ne dis rien ! car je sais tout, Madame !
Je sais que le Bonheur habite de beaux bras ;
Mais il ne passe pas toujours des bras dans l'âme...
On donne le bonheur, on ne le reçoit pas !
La coupe où nous buvons n'éprouve pas l'ivresse
Qu'elle verse à nos coeurs, brûlante volupté !
Vous avez la Beauté, - mais un peu de tendresse,
Mais le bonheur senti de la moindre caresse,
Vaut encor mieux que la Beauté.

dimanche 15 juillet 2012

La beauté (Charles Baudelaire)

"Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre" ...
Encore un poème tour !
De Charlie Baudelaire, cette fois.



Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

vendredi 20 février 2009

Avant que d'adorer le ciel de vos beautés (Marc de Papillon de Lasphrise)

La carte du comptoir des vers présente à son menu un petit opus de Marc de Papillon de Lasphrise, illustre écrivain du XVIème siècle, surtout connu de sa famille.

A défaut de poète moyennageux, la carte du comptoir des poésies, sans commentaire, propose aussi :

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, l'hymne au soleil, rois mages, nénuphars

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, Vénus Anadyomène, petites amoureuses, l'orgie parisienne, Michel et Christine, les mains de Jeanne-Marie, les assis, l'homme juste, au cabaret vert (cinq heures du soir), Marine, soleil et chair, tête de faune, à la musique, première soirée, aube, chant de guerre parisien, les douaniers, Bruxelles, mouvement, jeune ménage, age d'or, ô saisons ô chateaux, chanson de la plus haute tour, ma Bohème, les étrennes des orphelins

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, Marizibill, l'émigrant de Landor Road, dans l'abri-caverne, ô naturel désir, la Victoire, à l'Italie, le chef de section, nocturne, le vigneron champenois, chant de l'horizon en Champagne, acousmate, Annie, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, chambres d'un moment, chambre garnie, nous dormirons ensemble, Elsa, les mains d'Elsa, Santa Espina, la rose et le réséda, Elsa au miroir, Charlot mystique, l'affiche rouge, un jour un jour, la belle italienne, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

-
Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), toute entière, confession, les ténèbres, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, le soleil, à celle qui est trop gaie, correspondances, une mendiante rousse, une martyre, à une dame créole, le chat

- José Maria de Heredia : les conquérants, lsoir de bataille, le voeu, le tepidarium, le vitrail, la belle viole, l'esclave, fleurs de feu, Tranquillus

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire

- Et bien sur, le très (trop ?) long et très kitsch poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline


Avant que d'adorer le ciel de vos beautés,

D'un clin d'oeil triplement j'aperçus d'aventure

Votre visage, Amour, chef-d'oeuvre de Nature,

Par qui je souffre, hélas, tant d'âpres cruautés !

Vous teniez ce cristal, miroir des déités,

Qui me représenta votre sainte figure,

Et ce riche portrait, riche de la peinture

Des braves traits naïfs de vos divinités.

Si j'ai donc vu d'un coup diverse votre face,

Que peut ore espérer mon coeur qui vous pourchasse ?

Ha ! je crains que ce teint ne soit gorgonien !

Mais s'il faut que ma mort procède de ma vue,

Un nouvel Actéon je me désire bien :

Il n'est rien de si beau comme une beauté nue.

samedi 31 janvier 2009

Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre [prélude à Sarah] (Charles Baudelaire)

Loin des bijoux, la carte du comptoir des vers continue sa série consacrée à Charles Baudelaire. Après Toute entière, le chat, quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, le soleil, l'albatros, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", correspondances, une mendiante rousse, une martyre et les bijoux, voici un poème proposant un regard très humain sur la prostitution et sur le métier d'écrivain.
Serge Reggiani a popularisé cet opus de Baudelaire en reprenant quelques vers des trois derniers quatrains dans le prélude à Sarah.
Pour les puristes, la
carte du comptoir poétique indique que je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre était initialement composé de douze strophes de quatre vers .

Cette injection continue de Baudelaire, que ses ailes de géant empêchent souvent de marcher, conduisent la carte du comptoir des poésies, sans aucun commentaire, à arrêter pour l'instant de faire dans l'Heredia (les Conquérants, le voeu, le vitrail), d'Edmond Rostand (tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune, petit chat, l'hymne au soleil, rois mages, nénuphars), le Du Bellay (Heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire), l'Aragon (Elsa, Chambre garnie, Nous dormirons ensemble, L'étrangère, Que serais-je sans toi ?, Chambres d'un moment, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Un jour un jour, Charlot mystique, Santa Espina, La rose et le réséda, La belle italienne, Les mains d'Elsa, Elsa au miroir, J'arrive où je suis étranger, L'affiche rouge, Les yeux d'Elsa), l'Arthur Rimbaud (le Bateau Ivre, Voyelles, Ma Bohème, Sensations, Vénus Anadyomène, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne) et le Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Ô naturel désir, Acousmate, Annie, l'Adieu, Marizibill, Nocturne, La Victoire, A l'Italie, Le Chef de Section, l'Emigrant de Landor Road, Dans l'Abri-caverne, Le Vigneron Champenois, Nuit Rhénane, Chant de l'Horizon en Champagne, A la Santé ...).


Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre :

La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre,

Invisible aux regards de l'univers moqueur,

Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur.

Pour avoir des souliers elle a vendu son âme.

Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme,

Je tranchais du Tartuffe et singeais la hauteur,

Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur.

Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque.

Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque ;

Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux.

De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux.

Elle louche, et l'effet de ce regard étrange

Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange,

Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est damné

Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné.

Elle n'a que vingt ans, la gorge déjà basse

Pend de chaque côté comme une calebasse,

Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps,

Ainsi qu'un nouveau-né, je la tête et la mords,

Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole

Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule,

Je la lèche en silence avec plus de ferveur

Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur.

La pauvre créature, au plaisir essoufflée,

A de rauques hoquets la poitrine gonflée,

Et je devine au bruit de son souffle brutal

Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital.

Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle,

Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle,

Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants,

Elle a peur sans lumière et croit aux revenants.

Ce qui fait que de suif elle use plus de livres

Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres,

Et redoute bien moins la faim et ses tourments

Que l'apparition de ses défunts amants.

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,

Se faufilant, au coin d'une rue égarée,

Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,

Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure

Au visage fardé de cette pauvre impure

Que déesse Famine a par un soir d'hiver,

Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohème là, c'est mon tout, ma richesse,

Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,

Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,


Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.


vendredi 28 novembre 2008

Ce masque, qui celait tantôt votre beauté (Pierre Motin)

Après l'évocation du mot mot, du mot pause et même du mot commentaire, le comptoir des vers et sa carte de poésies s'intéressent au mot composé. Comprenne qui pourra (Inspiration Dada ?) ...
Voici encore une oeuvre d'un illustre inconnu, cette fois du XVIème
siècle.


Pour cause de composé, la carte du comptoir poétique, sans aucun commentaire, laisse dans l'arrière-boutique l'Aragon (Elsa, Chambres d'un moment, Chambre garnie, Charlot mystique, Un jour un jour, La rose et le réséda, Les lilas et les roses, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Santa Espina, Que serais-je sans toi ?, La belle italienne, Nous dormirons ensemble, Les mains d'Elsa, Elsa au miroir, J'arrive où je suis étranger, L'affiche rouge, Les yeux d'Elsa), l'
Arthur Rimbaud (Voyelles, le Bateau Ivre, Sensations, Ma Bohème, Vénus Anadyomène, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne), l'Edmond Rostand (La tirade des nez de Cyrano de Bergerac, Le Petit Chat) et le Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Nuit Rhénane, l'Adieu, l'Emigrant de Landor Road, Marizibill, La Victoire, Le Chef de Section, Ô naturel désir, Nocturne, A l'Italie, Acousmate, Chant de l'Horizon en Champagne, Le Vigneron Champenois, Dans l'Abri-caverne, Annie, A la Santé ...).


Ce masque, qui celait tantôt votre beauté,

Semble à l'obscurité de la nuit effroyable :

Elle cache au soleil sa clarté désirable,

Lui cache de vos yeux la divine clarté.

Ô masque, fallait-il que ton obscurité

Recelât de ses yeux la puissance admirable !

Je pensai voir reluire une aurore agréable

Aussitôt que sa main de son front l'eût ôté.

Son beau teint, composé d'un monceau de fleurettes,

Ses beaux yeux enchanteurs, hôtes des amourettes,

Me firent aussitôt oublier la rigueur

Et l'orgueilleux dédain d'une fille volage

Qui ne porte jamais de masque à son visage,

Mais, toujours inconstante, elle en porte à son cœur.

samedi 28 juillet 2007

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui (Stéphane Mallarmé)

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui

Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre

Ce lac dur oublié que hante sous le givre

Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui

Magnifique mais qui sans espoir se délivre

Pour n'avoir pas chanté la région où vivre

Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie

Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,

Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,

Il s'immobilise au songe froid de mépris

Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

Chant royal de la plus belle qui jamais fut au monde (Catherine d'Amboise)

Anges, Trônes et Dominations,
Principautés, Archanges, Chérubins,
Inclinez-vous aux basses régions
Avec Vertus, Potestés, Seraphins,
Transvolitez des hauts cieux cristalins
Pour decorer la triomphante entrée
Et la très digne naissance adorée,
Le saint concept par mystères tres hauts
De celle Vierge, ou toute grace abonde,
Decretée par dits imperiaux
La plus belle qui jamais fut au monde.

Faites sermons et predications,
Carmes devots, Cordeliers, Augustins ;
Du saint concept portez relations,
Caldeyens, Hebrieux et Latins ;
Roumains, chantez sur les monts palatins
Que Jouachim Saincte Anne a rencontree,
Et que par eux nous est administr'e
Cette Vierge sans amours conjugaux
Que Dieu crea de plaisance féconde,
Sans point sentir vices originaux,
La plus belle qui jamais fut au monde.

Ses honnêtes belles réceptions
D'ame et de corps aux beaux lieux intestins
Ont transcendé toutes conceptions
Personnelles, par mysteres divins.
Car pour nourrir Jésus de ses doux seins
Dieu l'a toujours sans maculle monstree,
La declarant par droit et loi outree :
Toute belle pour le tout beau des beaux,
Toute claire, nette, pudique et monde,
Toute pure par dessus tous vaisseaux,
La plus belle qui jamais fut au monde.

Muses, venez en jubilations
Et transmigrez vos ruisseaux cristalins,
Viens, Aurora, par lucidations,
En precursant les beaux jours matutins ;
Viens, Orpheus, sonner harpe et clarins,
Viens, Amphion, de la belle contree,
Viens, Musique, plaisamment acoustrée,
Viens, Royne Hester, parée de joyaulx,
Venez, Judith, Rachel et Florimonde,
Accompagnez par honneurs spéciaux
La plus belle qui jamais fut au monde.

Tres doux zephirs, par sibilations
Semez partout roses et roumarins,
Nymphes, laissez vos inundations,
Lieux stigieulx et carybdes marins ;
Sonnez des cors, violes, tabourins ;
Que ma maitresse, la Vierge honnorée
Soit de chacun en tous lieux decoree
Viens, Apollo, jouer des chalumeaux,
Sonne, Panna, si haut que tout redonde,
Collaudez tous en termes generaux
La plus belle qui jamais fut au monde.

Esprits devots, fideles et loyaux,
En paradis beaux manoirs et chateaux,
Au plaisir Dieu, la Vierge pour nous fonde
Ou la verrez en ses palais royaux,
La plus belle qui jamais fut au monde.