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dimanche 5 juillet 2009

Mon bras pressait ta taille frêle (Victor Hugo)

"Mon bras pressait ta taille frêle"...

Sur la
carte du comptoir des vers une courte poésie délicatement érotique de Victor Hugo génie aux multiples facettes.

La carte du comptoir des poésies, sans autre analyse, commentaire ou explication de texte, propose en bas de cet opus de nombreux "classiques".


Mon bras pressait ta taille frêle

Et souple comme le roseau,

Ton sein palpitait comme l'aile

D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes

Le ciel où s'éteignait le jour.

Que se passait-il dans nos âmes ?

Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,

Tu me regardais, dans ma nuit,

Avec ton beau regard d'étoile,

Qui m'éblouit.

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

-
Victor Hugo : les Djinns, ce siècle avait deux ans, l'an neuf de l'Hegire, demain dès l'aube, à une jeune fille, Hermina, mes poèmes

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", toute entière, le soleil, à une dame créole, confession, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, une martyre, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, correspondances, le chat

-
Jean de la Fontaine : le savetier et le financier, le loup et l'agneau, le cheval s'étant voulu venger du cerf

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, chanson de la plus haute tour, Vénus Anadyomène, Michel et Christine, petites amoureuses, à la musique, ma Bohème, aube, soleil et chair, chant de guerre parisien, Marine, les assis, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, première soirée, au cabaret vert (cinq heures du soir), jeune ménage,tête de faune, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, vous parler ?, premières feuilles, la vieille femme de la Lune, chemins de l'ouest, la grotte des lépreux, la paix

-
Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, chant de l'horizon en Champagne, la Victoire, ô naturel désir, acousmate, dans l'abri-caverne, Annie, Marizibill, à l'Italie, le vigneron champenois, l'émigrant de Landor Road, le chef de section, nocturne, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, j'arrive où je suis étranger, Elsa, Santa Espina, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, chambre garnie, chambres d'un moment, la rose et le réséda, les yeux d'Elsa

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, au fleuve de Loire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), le voeu, l'esclave, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

- Et, aussi, l'inénarrable poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

mercredi 18 mars 2009

Âme ! Etre, c'est aimer ... (Victor Hugo)

La carte du comptoir livre ce soir un Victor Hugo mystique exceptionnellement court.

La carte du comptoir des poésies, sans commentaire ni explication, propose aussi ses "classiques" en bas de cet opus.


C'est l'être extrême.

Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime.

Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas,

Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ;

Son baiser éternel ignore la morsure,

Et quand on dit : justice, on suppose mesure.

Il n'est point juste, il est. Qui n'est que juste est peu.

La justice, c'est vous, humanité, mais Dieu

Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose !

Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.

Oh ! Tous sont appelés et tous seront élus.

Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.

Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice.

L'infini qui dans l'homme entre, devient justice,

La justice n'étant que le rapport secret

De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.

Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ;

Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,

Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu,

Justice est le profil de la face de Dieu.

Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.

Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre,

Et votre infirmité, c'est que votre raison

De l'horizon humain conclut l'autre horizon.

Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.

Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire

D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ?

Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer.

On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,

On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,

Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,

On s'abîme éperdu dans cet immense coeur !

Dans cet azur sans fond la clémence étoilée

Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée !

L'être pardonné garde un souvenir secret,

Et n'ose aller trop haut, le pardon semblerait

Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ;

N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,

Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !

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Les "classiques" de la
carte du comptoir des vers :


- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, chemins de l'ouest, la vieille femme de la Lune, vous parler ?, premières feuilles, la grotte des lépreux

-
Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, au fleuve de Loire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, une martyre, correspondances, à une dame créole, le soleil, toute entière, j'aime le souvenir de ces époques nues,les ténèbres, à celle qui est trop gaie,quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", une mendiante rousse, confession, le chat

-
José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, la belle viole, le tepidarium, soir de bataille, le voeu, fleurs de feu, le vitrail, Tranquillus, le bain

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, Marizibill, le chef de section, acousmate, chant de l'horizon en Champagne, Annie, dans l'abri-caverne, la Victoire, nocturne, le vigneron champenois, ô naturel désir, à l'Italie, l'émigrant de Landor Road, à la Santé

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, l'hymne au soleil, rois mages, nénuphars

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Santa Espina,la rose et le réséda, nous dormirons ensemble, un jour un jour, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, chambre garnie, chambres d'un moment,
Elsa, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, les assis, Vénus Anadyomène, chant de guerre parisien, première soirée, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, chanson de la plus haute tour, l'homme juste, Marine, les douaniers, petites amoureuses, aube, soleil et chair, au cabaret vert (cinq heures du soir), ma Bohème, Michel et Christine, jeune ménage,tête de faune, à la musique, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Et, bien entendu, le kitschissime poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

dimanche 1 mars 2009

Hommage à Lamartine (Charles Lassailly)

La carte du comptoir des vers rend hommage aujourd'hui au thuriféraire inconnu avec un plat de résistance très résistant voire indigeste : l'hommage à Lamartine de Charles Lassailly, écrivaillon "armé de la verge qui fouette" (en français dans son texte !).

La carte du comptoir des poésies, sans autre commentaire, propose aussi de parcourir ses "classiques" proposés en bas de ce poème.


Dieu merci, je me sens âme assez forte en moi,

Pour dire hardiment, selon toute ma foi,

Ce que j'ai sur le coeur, contre ces pamphlétaires

Qui de volcans boueux fécondent les cratères,

Jettent au vent l'honneur des réputations,

Et mentent à la muse, ainsi qu'aux nations.

Aboyeurs de places publiques,

Brocanteurs de sales reliques,

Que vous nommez la liberté,

Arrière, arrière les Pilates,

Les donneurs de louanges plates

Au monstre popularité !

La satire, en ses anathèmes,

N'a pas besoin d'impurs blasphèmes,

Coupables indignations,

Allez dans la voie ; elle est ample

Mais vous souillez le seuil du temple,

Vendeurs de profanations.

Je descends vers vous, moi, poète,

Armé de la verge qui fouette

Les hypocrites de vertu,

Et sous de luisantes écailles,

Je fouillerai dans vos entrailles ...

Et je crierai : toi, que veux-tu,

Toi qui renias un beau rôle ;

Qui ne sais pas que la parole

Ne doit jamais homicider :

Toi qui deviens un mauvais ange ;

Et sur des colonnes de fange,

Sembles à l'aise t'accouder !

Toi qui gagnes un vil pécule

À trafiquer le ridicule,

À mâcher toujours du venin,

Et sous le luxe de tes rimes,

Glisses des mots, qui sont des crimes,

Oui, toi, versificateur nain,

Oui, que veux-tu ? Jugeons tes comptes.

Montre-moi le tarif des hontes,

Que darde ton vers avili !

Pourquoi des peuples qu'on égare

Façonner, menteur et barbare,

Ces haines qui prennent le pli ? ...

Pourquoi, profès en calomnie,

De la vieillesse ou du génie

Arracher un fil au manteau ;

Et pour de misérables sommes,

Jeter en pâture des hommes

Aux fureurs de ton Alecto ?

Ah ! c'est vous qui l'avez tuée

La satire, prostituée,

Dont le pouvoir est impuissant,

Parce que fausse, haïssable,

Elle a fait mentir sur le sable

Des lignes écrites au sang !

Est-ce donc là que vous en êtes,

Qu'il ne vous faut plus que des têtes,

Et vous regardez à l'entour !

Comme si toi, que l'on vénère,

Ô ma Liberté, dans ton aire,

Tu couvais des veufs de vautour !

Ma sainte Liberté, je t'aime,

Sans foudroyer d'un anathème,

Sans maudire un seul nom humain ;

Car on se repent de maudire,

De s'être gonflé le coeur d'ire,

Quand l'histoire a son lendemain.

Après l'orage de la veille,

L'humanité, qui se réveille,

Voyant tant de germes éclos,

Tant de vérités, qu'on sait vite,

Tant d'épreuves, que l'on évite,

Et d'engrais derrière les flots,

Se rassure en la Providence,

Qui d'une oublieuse imprudence

Ne compromet pas l'avenir :

Si le progrès d'hier s'enraie,

C'est qu'une vérité plus vraie,

Pour le dépasser va venir !

Or, gardons mieux nos âmes chastes.

N'oublions plus que les contrastes

S'harmonisent par une loi.

Laissons les passions s'éteindre ;

Si quelqu'un erre, aimons le plaindre ;

Respectons quiconque a sa foi.

Ainsi votre tête se grise

D'une liberté mal comprise,

Rétrogrades républicains,

Vous, qui d'un siècle ôtez la pierre,

Afin d'exhumer Robespierre,

Dictateur pour des mannequins !

Ce n'est pas moi qui la renie,

Dans les luttes de son génie,

La grande révolution.

Elle a travaillé sa journée ;

Sa moisson fut bien moissonnée ;

Son char ouvrit notre sillon.

Lorsque l'Europe était en boule ;

Lorsque les peuples faisaient foule,

Se dressant en monts ennemis ;

Elle ne perdit pas courage,

Et remua, belle de rage,

Chaque sol où son pied s'est mis !

Certes, messieurs les jeunes hères,

Certes vous avez eu des pères

Dont les ombres s'allongent haut :

Mais vous qui finissez la tâche,

Ne regrettez point une tache,

N'espérez plus en l'échafaud !

Ah ! Plus heureux, de la morale,

De la religion qui râle,

Purs, défendez les intérêts.

Ceux-là brilleront sur les autres,

Qui vont, pacifiques apôtres,

À son tour, servir ce progrès.

La loi politique n'a force,

Que si le luxe de l'écorce

Vient de la sève du dedans

Orgueilleuses impatiences,

Régénérez les consciences

Celui qui prouve, c'est le temps !

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Les "classiques" de la
carte du comptoir des vers :


- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), le soleil, toute entière, une martyre, à une dame créole, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, confession, les ténèbres, quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, à celle qui est trop gaie, correspondances, le chat

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, Vénus Anadyomène, chant de guerre parisien, chanson de la plus haute tour, ma Bohème, les douaniers, l'homme juste, petites amoureuses, première soirée, aube, au cabaret vert (cinq heures du soir), Michel et Christine, Marine, les mains de Jeanne-Marie, les assis, soleil et chair, tête de faune, à la musique, mouvement, jeune ménage, age d'or, ô saisons ô chateaux, les étrennes des orphelins, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, l'hymne au soleil, rois mages, nénuphars

-
Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, la belle italienne, l'affiche rouge, Santa Espina, chambre garnie, chambres d'un moment, nous dormirons ensemble, la rose et le réséda, un jour un jour, Charlot mystique, Elsa, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, nocturne, le vigneron champenois, le chef de section, Marizibill, l'émigrant de Landor Road, chant de l'horizon en Champagne, acousmate, la Victoire, ô naturel désir, à l'Italie, Annie, dans l'abri-caverne, à la Santé

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le vitrail, soir de bataille, le voeu, le tepidarium, la belle viole, fleurs de feu, Tranquillus

- Et bien entendu, le très long et très kitsch poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

vendredi 27 février 2009

Pourquoi triste, ô mon âme (Paul Verlaine)

La carte du comptoir des vers livre ce soir un petit Verlaine pour la route.

La carte du comptoir des poésies, sans commentaire, suggère aussi d'essayer ses autres classiques :

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, Vénus Anadyomène, chanson de la plus haute tour, ma Bohème, l'homme juste, petites amoureuses, première soirée, aube, au cabaret vert (cinq heures du soir), Michel et Christine, les douaniers, Marine, les mains de Jeanne-Marie, les assis, soleil et chair, tête de faune, à la musique, chant de guerre parisien, mouvement, jeune ménage, age d'or, ô saisons ô chateaux, les étrennes des orphelins, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, le vigneron champenois, le chef de section, nocturne, ô naturel désir, Marizibill, l'émigrant de Landor Road, chant de l'horizon en Champagne, acousmate, la Victoire, à l'Italie, Annie, dans l'abri-caverne, à la Santé

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, au fleuve de Loire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", toute entière, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), une martyre, à une dame créole, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, confession, les ténèbres, quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, le soleil, à celle qui est trop gaie, correspondances, le chat

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, l'affiche rouge, Santa Espina, chambre garnie, chambres d'un moment, nous dormirons ensemble, la rose et le réséda, un jour un jour, Charlot mystique, Elsa, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, la belle italienne, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

- José Maria de Heredia : les conquérants, le vitrail, l'esclave, soir de bataille, le voeu, le tepidarium, la belle viole, fleurs de feu, Tranquillus

- Et bien entendu, le très long et très kitsch poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline


Pourquoi triste, ô mon âme

Triste jusqu'à la mort,

Quand l'effort te réclame,

Quand le suprême effort

Est là qui te réclame ?

Ah, tes mains que tu tords

Au lieu d'être à la tâche,

Tes lèvres que tu mords

Et leur silence lâche,

Et tes yeux qui sont morts !

N'as-tu pas l'espérance

De la fidélité,

Et, pour plus d'assurance

Dans la sécurité,

N'as-tu pas la souffrance ?

Mais chasse le sommeil

Et ce rêve qui pleure.

Grand jour et plein soleil !

Vois, il est plus que l'heure :

Le ciel bruit vermeil,

Et la lumière crue

Découpant d'un trait noir

Toute chose apparue

Te montre le devoir

Et sa forme bourrue.

Marche à lui vivement,

Tu verras disparaître

Tout aspect inclément

De sa manière d'être,

Avec l'éloignement.

C'est le dépositaire

Qui te garde un trésor

D'amour et de mystère,

Plus précieux que l'or,

Plus sûr que rien sur terre,

Les biens qu'on ne voit pas,

Toute joie inouïe,

Votre paix, saints combats,

L'extase épanouie

Et l'oubli d'ici-bas,

Et l'oubli d'ici-bas !