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mardi 28 août 2012

Isolement (Petrus Borel)

Poème borelesque où au milieu des vers, solitaire, apparaît une plage ...


Sous le soleil torride au beau pays créole,
Où l'Africain se courbe au bambou de l'Anglais,
Encontre l'ouragan, le palmier qui s'étiole
Aux bras d'une liane unit son bois épais.

En nos antiques bois, le gui, saint parasite,
Au giron d'une yeuse et s'assied et s'endort ;
Mêlant sa fragile herbe, et subissant le sort
Du tronc religieux qui des autans l'abrite.

Gui ! liane ! palmier ! mon âme vous envie !
Mon coeur voudrait un lierre et s'enlacer à lui.
Pour passer mollement le gué de cette vie,
Je demande une femme, une amie, un appui !

Un ange d'ici-bas ?... une fleur, une femme ?...
Barde, viens, et choisis dans ce folâtre essaim
Tournoyant au rondeau d'un preste clavecin. -
Non; mon coeur veut un coeur qui comprenne son âme.

Ce n'est point au théâtre, aux fêtes, qu'est la fille
Qui pourrait sur ma vie épancher le bonheur :
C'est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,
Un Verther à la main sous le saule pleureur.

Ce n'est point une brune aux cils noirs, l'air moresque ;
C'est un cygne indolent; une Ondine aux yeux bleus
Aussi grands qu'une amande, et mourans, soucieux ;
Ainsi qu'en réfléchit le rivage tudesque.

Quand viendra cette fée ? - En vain ma voix l'appelle !
Apporter ses printemps à mon coeur isolé.
Pourtant jusqu'aux cyprès je lui serais fidèle !
Sur la plage toujours resterai-je esseulé ?

Sur mon toit le moineau dort avec sa compagne ;
Ma cavale au coursier a donné ses amours.
Seul, moi, dans cet esquif, que nul être accompagne,
Sur le torrent fougueux je vois passer mes jours.
  

dimanche 22 février 2009

Le consul anglais (Max Elskamp)

La carte du comptoir des vers présente une oeuvre consulaire de Max Elskamp, poète belge.

Si cette langue d'outre Quiévrain ne vous convient pas, la carte du comptoir des poésies, sans commentaire, propose aussi ses classiques :

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, ô naturel désir, Annie, Marizibill, la Victoire, l'émigrant de Landor Road, dans l'abri-caverne, à l'Italie, le chef de section, nocturne, le vigneron champenois, chant de l'horizon en Champagne, acousmate, à la Santé

-
Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), toute entière, confession, les ténèbres, quand le ciel bas et lours pèse comme un couvercle, le soleil, à celle qui est trop gaie, correspondances, une martyre, à une dame créole, le chat

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, l'affiche rouge, chambres d'un moment, chambre garnie, nous dormirons ensemble, Charlot mystique, Elsa au miroir, Elsa, les mains d'Elsa, la rose et le réséda, un jour un jour, la belle italienne, j'arrive où je suis étranger, Santa Espina, les yeux d'Elsa

-
Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, Vénus Anadyomène, petites amoureuses, aube, au cabaret vert (cinq heures du soir), l'orgie parisienne, Michel et Christine, les douaniers, Marine, Bruxelles, les mains de Jeanne-Marie, les assis, l'homme juste, soleil et chair, tête de faune, à la musique, première soirée, chant de guerre parisien, mouvement, jeune ménage, age d'or, ô saisons ô chateaux, chanson de la plus haute tour, ma Bohème, les étrennes des orphelins

- José Maria de Heredia : les conquérants, le voeu, soir de bataille, le vitrail, le tepidarium, la belle viole, l'esclave, fleurs de feu, Tranquillus

- Et bien sur, le très (trop ?) long et très kitsch poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline


Le consul anglais

Y met son drapeau,

Le consul anglais

Le jour de la Reine,

De gais matelots

Leur couteau au dos,

Y passent farauds

Toute la semaine,

Jean le Hollandais

Quand c'est mai y vient,

Ses paniers aux mains,

La vendre la fraise,

Jean le Hollandais

Parti de Breda

Avec à ses pieds,

Les sabots qu'il a,

Puis tout soleil, août,

Dans le ciel qui pèse,

Odorant la graisse,

La bière et le moût,

Sortis les Géants,

Gens bus et kermesse,

Sur leurs chars roulant

Les dieux qui se dressent :

On voit Antigon,

On voit la Baleine

Et nu Cupidon

Sur son dos assis,

Et gais les Dauphins,

Et la Nave pleine,

De joyeux marins

Qui poussent des cris,

Puis soir advenu

Violons éteints,

Accordéons tus,

Tout sentant le vin,

Lors voix haut montées

Dans la nuit qui pâme,

Musiques allées

Et dehors les femmes,

Sortis les couteaux

Qu'appelle la chair,

C'est de face ou dos

A la mort qui vient,

Amour matelot,

Amour de marins,

Même en le sang clair

Qui trouve son bien,

Et dans la nuit chaude

Lune qui s'incarne

Mort ou vie qui rôde

Sans cris et sans larmes.

samedi 24 novembre 2007

Evangéline (Henry Wadsworth Longfellow) [huitième partie]

Evangéline est un très long et très épique poème de Henry Wadsworth Longfellow (plus de 3000 lignes et 20 000 mots) qui raconte la déportation des Acadiens.
Ce poème a eu un grand effet sur les cultures acadiennes et
canadiennes (d'après Wikipedia).
La traduction en
français est due à Pamphile Le May.
Poésie en vrac va publier petit à petit l'intégralité de ce poème incroyable.

Elle était au rouet, et lui, dans son fauteuil,
Quand un lourd bruit de pieds fit résonner le seuil.
Une main se posa sur la clenche de chêne,
Et la porte s'ouvrit. On arrivait sans gêne.
Benoît le savait bien, c'était le forgeron;
Les clous de ses souliers martelaient le perron.
De même Évangéline, au trouble de son âme
Où s'était allumée une suave flamme,
Devinait sûrement qui venait avec lui.

"Toujours le bienvenu, mais surtout aujourd'hui
"Dit aussitôt Benoît. Devant la cheminée
"Prends, continua-t-il, ta place accoutumée.

"Elle est vide, tu sais, lorsque tu n'es pas là.
"Prends ta pipe de plâtre et le pot à tabac,
"Au bout de la tablette où galope l'horloge,
"Car c'est dans la fumée, ou de pipe ou de forge,
'Qu'on voit avec plaisir se dessiner tes traits.
"Alors ton gai visage, et si rond et si frais,
"Brille comme la lune en ces légers nuages
"Qui s'élèvent, l'automne, au bord des marécages. "

Le vieillard souriait. Du foyer, sans façon,
Basile s'approcha, suivi de son garçon.
Il répondit gaîment:
"Mon cher Bellefontaine,
"Tu chantes et tu ris toujours. Chose certaine
"D'autres sont obsédés de noirs pressentiments,
"Et ne font que rêver malheurs et châtiments.
"Toi, tu parais heureux. Sur la route où tu passes
"S'il est un fer perdu, c'est toi qui le ramasses."

Alors Evangéline, avec un geste bon,
S'en vint lui présenter la pipe et le charbon.
Et lui, très lentement:
-"Je n'aime pas pour hôtes,
"Ces navires anglais mouillés près de nos côtes.
"Leurs énormes canons, qui sont braqués sur nous,
"Ne nous annoncent point les desseins le plus doux.
"Mais quels sont ces desseins? Hélas! on les ignore
"On sait bien qu'il faudra, quand la cloche sonore
'Appellera le peuple à l'église, demain,
"Entendre lire haut - puisse-t-il être humain !-
"Un mandat qui sans doute émane du roi George.
'Or, plus d'un paysan soupçonne un coupe-gorge;
"Tous sont fort alarmés et se montrent craintifs."

Le fermier répondit:
- "On ne sait les motifs,

"Mais doit-on soupçonner de lâches tentatives?. . .
"La pluie, en Angleterre, ou des chaleurs hâtives
"Ont peut-être détruit la moisson sur les champs;
"Et, pour donner du pain à leurs petits enfants,
"Du foin à leurs troupeaux, les grands propriétaires
"Viennent chercher les fruits de nos fertiles terres.

- "Au village, plus d'un qui n'est pas un poltron,
"Pense bien autrement, reprit le forgeron,
"En secouant la tête avec un air de doute.
Puis, poussant un soupir:
- "Bellefontaine, écoute,
"On n'a pas, chez l'Anglais, oublié Louisbourg,
"Pas plus que Port-Royal, pas plus que Beauséjour. . .
"Déjà des paysans, redoutant ces croisières,
"Ont fui vers les forêts, et là, sur les lisières,
"Ils attendent, prudents, avec anxiété,
"Cet ordre qui bientôt, doit être exécuté.
"Voilà qu'on nous a pris, pour combler nos alarmes.

"Tous nos outils de fer avec toutes nos armes;
"Seul le vieux forgeron a ses pesants marteaux,
"Et l'humble moissonneur, ses inutiles faux."
Un sourire sur la lèvre, et le regard oblique,
Le jovial vieillard à son ami réplique:

"Au milieu de nos champs et de nos gras troupeaux,
"Sans armes, nous vivons dans un profond repos.
"Nous sommes mieux encore par derrière nos digues,
'Que n'étaient autrefois nos ancêtres prodigues,
"Dans leurs murs qu'ébréchaient les canons ennemis.
"D'ailleurs, dans l'infortune il faut être soumis.
"Vais-je donc retenir, Basile, pour hôtesse,
"Ce soir, à mon foyer, la vilaine tristesse?
"C'est le contrat, ce soir, et qu'importe demain ?
"Les jeunes gens du bourg ont bâti, de leur main,

Tous l'estimaient, petits et grands. Il racontait
Pourquoi le loup-garou vers les bois remontait,
Et pourquoi les lutins chevauchaient dans la friche.
Et puis, il rappelait le sort du blanc Létiche,
Enfant mort sans baptême, esprit doux, soucieux,
Qui voltige toujours, cherchant toujours les cieux,
Et de l'enfant qui dort s'en vient baiser les lèvres.
Et puis qu'une araignée est un remède aux fièvres,
Quand on la porte au cou dans l'écale des noix.
Que la nuit de Noël, au bon temps d'autrefois,
La génisse et le boeuf causaient dans les étables.
Il leur disait aussi les vertus véritables
Que le peuple, partout simple autant que loyal,
Prétendait découvrir dans le fer à cheval,
Et dans le trèfle blanc à la quadruple feuille,
Et biens d'autres récits que le peuple recueille.


Pour en savoir plus sur l'Acadie et Evangéline (avec notamment quelques cartes géographiques anciennes de l'Acadie) :

jeudi 26 juillet 2007

Puis rue qui s'en va (Max Elskamp)

Puis rue qui s'en va

Chercher les bassins,

Bouges, galetas,

Où vont les marins,


Maisons à rideaux

Baissés mais qui bougent,

Filtrant un jour clos

De lumière rouge,

C'est filles anglaises

Occupées à boire,

Vêtant pour aimer

Des maillots de moire,

Dans le jour qui pèse

Dehors et si lourd,

Dans le soir d'été

Qui vendent l'amour.

Mais liqueurs au choix

Lors comme la chair,

Aquavit danois,

Anis grec amer,

Whiskey irlandais,

Rhum américain,

Saké japonais,

Opium indien,

Et glaces mirant

En jaune et en noir

Les cuivres luisants

Au dos du comptoir,

Femmes et qui causent

Les épaules nues,

Ou bien se reposent

En long étendues,

Bagues à leurs mains,

Rêvant mal ou pire,

Ou trouvant leur bien

Enfin à dormir.

Lors temps qui s'espace

Dit en heures lentes,

Et jour qui se passe

Ici dans l'attente,


Yeux comme une rampe

Les suivant les murs,

Et sur des estampes

Qui s'arrêtent durs :

On voit le Vésuve

En feu qui se pâme,

Ainsi qu'une cuve

D'enfer et de flammes,

Et rouge et carmin

Plus loin appendu,

Le pont de Brooklyn

Dans l'air suspendu.

Le bal (Alfred de Vigny)

La harpe tremble encore et la flûte soupire,

Car la valse bondit dans son sphérique empire ;

Des couples passagers éblouissent les yeux,

Volent entrelacés en cercle gracieux,

Suspendent des repos balancés en mesure,

Aux reflets d'une glace admirent leur parure,

Repartent ; puis, troublés par leur groupe riant,

Dans leurs tours moins adroits se heurtent en criant.

La danseuse, enivrée aux transports de la fête,

Sème et foule en passant les bouquets de sa tête,

Au bras qui la soutient se livre, et, pâlissant,

Tourne, les yeux baissés sur un sein frémissant.

Courez, jeunes beautés, formez la double danse :

Entendez-vous l'archet du bal joyeux,

Jeunes beautés ? Bientôt la légère cadence

Toutes va, tout à coup, vous mêler à mes yeux.

Dansez et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre ;

Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre,

Et que vos pas moelleux, délices d'un amant,

Sur le chêne poli glissent légèrement ;

Dansez, car dès demain vos mères exigeantes

A vos jeunes travaux vous diront négligentes ;

L'aiguille détestée aura fui de vos doigts,

Ou, de la mélodie interrompant les lois,

Sur l'instrument mobile, harmonieux ivoire,

Vos mains auront perdu la touche blanche et noire ;

Demain, sous l'humble habit du jour laborieux,

Un livre, sans plaisir, fatiguera vos yeux... ;

Ils chercheront en vain, sur la feuille indocile,

De ses simples discours le sens clair et facile ;

Loin du papier noirci votre esprit égaré,

Partant, seul et léger, vers le Bal adoré,

Laissera de vos yeux l'indécise prunelle

Recommencer vingt fois une page éternelle.

Prolongez, s'il se peut, oh ! prolongez la nuit

Qui d'un pas diligent plus que vos pas s'enfuit !

Le signal est donné, l'archet frémit encore :

Elancez-vous, liez ces pas nouveaux

Que l'Anglais inventa, noeuds chers à Terpsichore,

Qui d'une molle chaîne imitent les anneaux.

Dansez, un soir encore usez de votre vie :

L'étincelante nuit d'un long jour est suivie ;

A l'orchestre brillant le silence fatal

Succède, et les dégoûts aux doux propos du bal.

Ah ! reculez le jour où, surveillantes mères,

Vous saurez du berceau les angoisses amères :

Car, dès que de l'enfant le cri s'est élevé,

Adieu, plaisir, long voile à demi relevé,

Et parure éclatante, et beaux joyaux des fêtes,

Et le soir, en passant, les riantes conquêtes

Sous les ormes, le soir
, aux heures de l'amour,

Quand les feux suspendus ont rallumé le jour.

Mais, aux yeux maternels, les veilles inquiètes

Ne manquèrent jamais, ni les peines muettes

Que dédaigne l'époux, que l'enfant méconnaît,

Et dont le souvenir dans les songes renaît.

Ainsi, toute au berceau qui la tient asservie,

La mère avec ses pleurs voit s'écouler sa vie.

Rappelez les plaisirs, ils fuiront votre voix,

Et leurs chaînes de fleurs se rompront sous vos doigts.

Ensemble, à pas légers, traversez la carrière ;

Que votre main touche une heureuse main,

Et que vos pieds savants à leur place première

Reviennent, balancés dans leur double chemin.

Dansez : un jour, hélas ! ô reines éphémères !

De votre jeune empire auront fui les chimères;

Rien n'occupera plus vos coeurs désenchantés,

Que des rêves d'amour, bien vite épouvantés,

Et le regret lointain de ces fraîches années

Qu'un souffle a fait mourir, en moins de temps fanées

Que la rose et l'oeillet, l'honneur de votre front ;

Et, du temps indompté lorsque viendra l'affront,

Quelles seront alors vos tardives alarmes ?

Un teint, déjà flétri, pâlira sous les larmes,

Les larmes, à présent doux trésor des amours,

Les larmes, contre l'âge inutile secours :

Car les ans maladifs, avec un doigt de glace,

Des chagrins dans vos coeurs auront marqué la place,

La morose vieillesse... O légères beautés !

Dansez, multipliez vos pas précipités,

Et dans les blanches mains les mains entrelacées,

Et les regards de feu, les guirlandes froissées,

Et le rire éclatant, cri des joyeux loisirs,

Et que la salle au loin tremble de vos plaisirs.

vendredi 13 juillet 2007

L'amazone (François Coppée)

Devant le frais cottage au gracieux perron,

Sous la porte que timbre un tortil de baron,

Debout entre les deux gros vases de faïence,

L'amazone, déjà pleine d'impatience,

Apparaît, svelte et blonde, et portant sous son bras

Sa lourde jupe, avec un charmant embarras.

Le fin drap noir étreint son corsage, et le moule ;

Le mignon chapeau d'homme, autour duquel s'enroule

Un voile blanc, lui jette une ombre sur les yeux.

La badine de jonc au pommeau précieux

Frémit entre les doigts de la jeune élégante,

Qui s'arrête un moment sur le seuil et se gante.

Agitant les lilas en fleur, un vent léger

Passe dans ses cheveux et les fait voltiger.

Blonde auréole autour de son front envolée :

Et, gros comme le poing, au milieu de l'allée

De sable roux semé de tout petits galets,

Le groom attend et tient les deux chevaux anglais.

Et moi, flâneur qui passe et jette par la grille

Un regard enchanté sur cette jeune fille,

Et m'en vais sans avoir même arrêté le sien,

J'imagine un bonheur calme et patricien,

Où cette noble enfant me serait fiancée ;

Et déjà je m'enivre à la seule pensée

Des clairs matins d'avril où je galoperais,

Sur un cheval très vif et par un vent très frais,

A ses côtés, lancé sous la frondaison verte.

Nous irions, par le bois, seuls, à la découverte ;

Et, voulant une image au contraste troublant

Du long vêtement noir et du long voile blanc,

Je la comparerais, dans ma course auprès d'elle,

A quelque fugitive et sauvage hirondelle.