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lundi 6 août 2012

La nuit d'août - Le poète (Alfred de Musset)

Poème synchrone


Salut à ma fidèle amie !
Salut, ma gloire et mon amour !
La meilleure et la plus chérie
Est celle qu'on trouve au retour.
L'opinion et l'avarice
Viennent un temps de m'emporter.
Salut, ma mère et ma nourrice !
Salut, salut consolatrice !
Ouvre tes bras, je viens chanter.

dimanche 5 juillet 2009

Mon bras pressait ta taille frêle (Victor Hugo)

"Mon bras pressait ta taille frêle"...

Sur la
carte du comptoir des vers une courte poésie délicatement érotique de Victor Hugo génie aux multiples facettes.

La carte du comptoir des poésies, sans autre analyse, commentaire ou explication de texte, propose en bas de cet opus de nombreux "classiques".


Mon bras pressait ta taille frêle

Et souple comme le roseau,

Ton sein palpitait comme l'aile

D'un jeune oiseau.

Longtemps muets, nous contemplâmes

Le ciel où s'éteignait le jour.

Que se passait-il dans nos âmes ?

Amour ! Amour !

Comme un ange qui se dévoile,

Tu me regardais, dans ma nuit,

Avec ton beau regard d'étoile,

Qui m'éblouit.

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

-
Victor Hugo : les Djinns, ce siècle avait deux ans, l'an neuf de l'Hegire, demain dès l'aube, à une jeune fille, Hermina, mes poèmes

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", toute entière, le soleil, à une dame créole, confession, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, une martyre, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, correspondances, le chat

-
Jean de la Fontaine : le savetier et le financier, le loup et l'agneau, le cheval s'étant voulu venger du cerf

- Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, chanson de la plus haute tour, Vénus Anadyomène, Michel et Christine, petites amoureuses, à la musique, ma Bohème, aube, soleil et chair, chant de guerre parisien, Marine, les assis, les douaniers,l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, les étrennes des orphelins, première soirée, au cabaret vert (cinq heures du soir), jeune ménage,tête de faune, mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, vous parler ?, premières feuilles, la vieille femme de la Lune, chemins de l'ouest, la grotte des lépreux, la paix

-
Guillaume Apollinaire : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, chant de l'horizon en Champagne, la Victoire, ô naturel désir, acousmate, dans l'abri-caverne, Annie, Marizibill, à l'Italie, le vigneron champenois, l'émigrant de Landor Road, le chef de section, nocturne, à la Santé

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, j'arrive où je suis étranger, Elsa, Santa Espina, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, Charlot mystique, Elsa au miroir, les mains d'Elsa, chambre garnie, chambres d'un moment, la rose et le réséda, les yeux d'Elsa

- Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire, au fleuve de Loire, à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), le voeu, l'esclave, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, soir de bataille, fleurs de feu, Tranquillus, le bain

- Et, aussi, l'inénarrable poème acadien de H.W. Longfellow Evangéline

lundi 24 novembre 2008

Chambres d'un moment (Louis Aragon)

Le comptoir des vers et sa carte bloquent toujours sur Louis Aragon (Elsa, Un jour un jour, La rose et le réséda, Les lilas et les roses, Est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Santa Espina, Que serais-je sans toi ?, J'arrive où je suis étranger, L'affiche rouge, Nous dormirons ensemble, Les mains d'Elsa, Elsa au miroir, Les yeux d'Elsa) avec cet opus hotelier, maritime et primesautier mis en musique par Jean Ferrat.

La persistance de Loulou Aragon ne permet pas à la carte du comptoir des vers de proposer ce soir de l'
Arthur Rimbaud (Voyelles, Sensations, Ma Bohème, Chanson de la plus haute tour, le Dormeur du Val, le Bateau Ivre, Vénus Anadyomène, Petites amoureuses ou l'Orgie parisienne), de l'Edmond Rostand (La tirade des nez de Cyrano de Bergerac, Le Petit Chat) ou du Guillaume Apollinaire (le Pont Mirabeau, Nuit Rhénane, l'Adieu, l'Emigrant de Landor Road, Ô naturel désir, Nocturne, A l'Italie, Acousmate, Marizibill, La Victoire, Le Chef de Section, Chant de l'Horizon en Champagne, Le Vigneron Champenois, Dans l'Abri-caverne, Annie, A la Santé ...).


Sur de blancs canots

Suivant les canaux

Ombreux et tranquilles

Les touristes font

Les chemins profonds

Qui baguent la ville

Les bars qu'on entend

Les cafés-chantants

Les marins y règnent

Et la rue a des

Sourires fardés

Ses enseignes saignent

Chambres d'un moment

Qu'importe comment

On se déshabille

Tout est comédie

Hormis ce qu'on dit

Dans les bras des filles

Traîne sur les quais

L'enfance manquée

Des gamins étranges

Qui parlent entre eux

Qui sait de quel jeu

Peu fait pour les anges

Et dans ce quartier

Où le monde entier

Cherche l'aventure

Celui qu'on y joue

Montre ses bijoux

A la devanture

Chambres d'un moment

Qu'importe comment

On se déshabille

Tout est comédie

Hormis ce qu'on dit

Dans les bras des filles

Femmes-diamant

Qui patiemment

Attendent preneur

Pour la somme due

Qui débitent du

Rapide bonheur

Beaux monstres assis

Tout le jour ainsi

Près de leur fenêtre

Vivre ici les voue

Aux faux rendez-vous

D'où rien ne peut naître

Chambres d'un moment

Qu'importe comment

On se déshabille

Tout est comédie

Hormis ce qu'on dit

Dans les bras des filles

La main le rideau

Le petit cadeau

Mets-toi là qu'on s'aime

Leurs habits ôtés

Ce que les beautés

Au fond sont les mêmes

Souvenirs brisés

Baisers ô baisers

Amours sans amour

Une fois de plus

A Honolulu

Comme à Singapour

Chambres d'un moment

Qu'importe comment

On se déshabille

Tout est comédie

Hormis ce qu'on dit

Dans les bras des filles

Les matelas crient

La même tuerie

A d'autres oreilles

Et les matelots

Ont même sanglot

A moment pareil

Tous les hommes sont

La même chanson

Quand c'est à voix basse

Et leur coeur secret

Bat tant qu'on dirait

Qu'il manque de place

Chambres d'un moment

Qu'importe comment

On se déshabille

Tout est comédie

Hormis ce qu'on dit

Dans les bras des filles

vendredi 27 juillet 2007

Je voudrais aller me promener dans les bois (Marie Nervat)

Je voudrais aller me promener dans les bois ;

j'aurais un grand chapeau, une robe légère,

je me griserais d'air et de bonne lumière,

et tu me rapprendrais à marcher à ton bras.

Je voudrais aller dans un grand bois, un vieux bois,

où l'on dit que les fées se promènent encore ;

peut-être en attendant du soir jusqu'à l'aurore,

qu'une d'elles nous laisserait ouïr sa voix.

Moi je n'ai pas vu d'arbres depuis si longtemps,

ni de fleurs dans les jardins !
Celles que tu portes,

et que tu poses sur mon lit, à moitié mortes,

achèvent de mourir dans les appartements.

Ce ne sont pas de vraies fleurs libres sous le ciel ;

elles ont des robes rouges trop tuyautées,

puis, sur les draps, on dirait des taches figées,

taches de sang qui font plus pâles mes mains frêles.

J'aime mes mains à présent, elles sont si blanches !

je vois les petites veines bleues sous la peau,

je n'ai gardé à ma main gauche que l'anneau,

l'anneau d'or que tu m'as donné avec ton âme.

Mes pauvres mains ont l'air si lasses sur les draps !

Ah ! je voudrais sortir, marcher, je me sens forte,

je voudrais fuir bien loin, et refermer la porte

sur cette chambre monotone de malade.