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mardi 30 novembre 2010

La boucle retrouvée (Guillaume Apollinaire)

"Il retrouve dans sa mémoire la boucle de cheveux châtains ..."

La carte du comptoir des vers persiste dans la série "Lueurs des tirs" extraite des calligrammes de Guillaume Apollinaire avec une livraison capillaire intitulée "la boucle retrouvée".


La carte du comptoir des poésies, sans explication de texte ni commentaire, renvoie aussi ses lecteurs en bas de ce poème pour visiter ses très nombreux "classiques" .


Il retrouve dans sa mémoire

La boucle de cheveux châtains

T'en souvient-il à n'y point croire

De nos deux étranges destins

Du boulevard de la Chapelle

Du joli Montmartre et d'Auteuil

Je me souviens murmure-t-elle

Du jour où j'ai franchi ton seuil

Il y tomba comme un automne

La boucle de mon souvenir

Et notre destin qui t'étonne

Se joint au jour qui va finir

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Les "classiques" de la
carte du comptoir
des vers :

- Jean de la Fontaine : le chêne et le roseau, l'âne portant des reliques, le loup et l'agneau, le savetier et le financier, le corbeau et le renard, le cheval s'étant voulu venger du cerf , le Coche et la Mouche, épitaphe d'un paresseux, la poule aux oeufs d'or

- Guillaume Apollinaire (le poète d'Alcools et des calligrammes) : le Pont Mirabeau, l'adieu, nuit rhénane, chant de l'horizon en Champagne,le chef de section, à l'Italie, nocturne, acousmate, dans l'abri-caverne,Annie,Marizibill, le vigneron champenois, ô naturel désir, l'émigrant de Landor Road, la Victoire, à la Santé, Blanche Neige, la jolie rousse, les grenadines repentantes, la grâce exilée

-
Joachim du Bellay : heureux qui comme Ulysse, au fleuve de Loire, Scève je me trouvais comme le fils d'Anchise, cent fois plus qu'à louer on se plaît à médire,à Madame Marguerite d'écrire en sa langue

- Edmond Rostand : tirade des nez de Cyrano de Bergerac, sept moyens de monter dans la Lune (Cyrano de Bergerac), petit chat, rois mages, l'hymne au soleil, nénuphars

-
Victor Hugo : ce siècle avait deux ans, demain dès l'aube, l'an neuf de l'Hegire, les Djinns, Jeanne était au pain sec, mes poèmes, à une jeune fille, Hermina, mon bras pressait ta taille frêle, jolies femmes

Arthur Rimbaud : le bateau ivre, le dormeur du val, voyelles, sensations, les étrennes des orphelins, les douaniers, au cabaret vert (cinq heures du soir), petites amoureuses, Michel et Christine, ma Bohème, aube, soleil et chair, les assis, Vénus Anadyomène, chant de guerre parisien, première soirée, Marine, l'homme juste, les mains de Jeanne-Marie, chanson de la plus haute tour, jeune ménage,tête de faune, à la musique,mouvement, age d'or, ô saisons ô chateaux, Bruxelles, l'orgie parisienne, les pauvres à l'église

- Charles Baudelaire : l'albatros, les bijoux, à une dame créole, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, "j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans", je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre (prélude à Sarah), une martyre, correspondances, le soleil, toute entière, j'aime le souvenir de ces époques nues, une mendiante rousse, confession, à celle qui est trop gaie,les ténèbres, le chat

- Louis Aragon : l'étrangère, que serais-je sans toi ?, est-ce ainsi que les hommes vivent ?, Santa Espina, la rose et le réséda, les mains d'Elsa, Charlot mystique, un jour un jour, nous dormirons ensemble, l'affiche rouge, la belle italienne, chambre garnie, chambres d'un moment, Elsa, Elsa au miroir, j'arrive où je suis étranger, les yeux d'Elsa

- Sabine Sicaud : douleur je vous déteste, jour de fièvre, la solitude, vous parler ?, premières feuilles, chemins de l'ouest, la vieille femme de la Lune, la grotte des lépreux

-
José Maria de Heredia : les conquérants ("comme un vol de gerfauts hors du charnier natal"), l'esclave, le tepidarium, la belle viole, le vitrail, le voeu, fleurs de feu, soir de bataille, Tranquillus, le bain

- Et, bien sur, l'inouï poème acadien de H.W. Longfellow
Evangéline

samedi 28 juillet 2007

A mon ami Alphonse Leduc (Louis Honoré Fréchette)

Le bonheur de la vie est un fatal problème

Que pour résoudre il faut, son tour venu, savoir,

Comme un hardi joueur, jeter tout son avoir,

Nom, honneur, avenir, sur la carte suprême.

Ce jour aux lendemains que nul ne peut prévoir,

C'est celui qu'on choisit pour dire : - Je vous aime !

A celle qui, changée en un autre vous-même,

Doit tremper votre amour aux sources du devoir.

Ami, le risque est grand ; nul cas rédhibitoire ;

Le destin est au fond de l'urne aléatoire,

Et les arrêts qu'il rend sont les arrêts de Dieu.

Heureux celui qui peut, toute crainte bannie,

Dans le choix
de son coeur trouver un bon génie,

Et dire comme toi : - J'ai gagné tout l'enjeu !

J'ai croisé sur la route où je vais dans la vie (Charles Guérin)

J'ai croisé sur la route où je vais dans la vie

La Mort qui cheminait avec la Volupté,

L'une pour arme ayant sa faux inassouvie,

L'autre, sa nudité.

Voyageur qui se traîne, ivre de lassitude,

Cherchant en vain des yeux une borne où s'asseoir,

Je me trouvais alors dans une solitude

Aux approches du soir.

Tout à coup, comme à l'heure où le vent y circule,

L'herbe haute a frémi sur le bord du fossé,

Et, près de moi, sortant soudain du crépuscule,

Les deux soeurs ont passé.

Poursuivant sans répit leur marche vagabonde,

Des régions de l'ombre aux rives du matin

Elles portaient ainsi leurs oeuvres par le monde,

Servantes du Destin.

D'un sourire cruel m'ayant cloué sur place,

Je les voyais déjà décroître à l'horizon

Que j'éprouvais encor, plein de flamme et de glace,

Un horrible frisson.

La dernière alouette a crié dans les chaumes ;

Et j'ai repris, d'un oeil craintif tâtant la nuit,

Le chemin où, parmi les pas des deux fantômes,

L'Inconnu me conduit.